Interview

Interview – Léa Domenach nous explique en quoi la “théorie du genre” n’existe pas et qu’il est d’utilité publique de buter le mythe du prince charmant !

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Léa Domenach nous explique en quoi la “théorie du genre” n’existe pas
et qu’il est d’utilité publique de buter le mythe du prince charmant !

L’Ecole du genre : un webdocumentaire sur les stéréotypes de genre dans l’éducation

Après deux années de travail, des dizaines d’experts interrogés, autant de familles, d’élèves, d’équipes pédagogiques rencontrés à travers toute la France, nous sommes fiers de vous annoncer la mise en ligne du web-documentaire L’école du genre. Une plateforme pensée comme un outil pédagogique, qui décrypte ce qui dans notre éducation nous fait fille ou garçon. Ce projet réalisé par Léa Domenach et Jean-Paul Guirado a été écrit par Brigitte Laloupe et produit par Enfin Bref production avec pour partenaires la Cité des sciences, le planning familial et le centre Hubertine Auclert.

Quelle est la genèse du projet ?

Brigitte Laloupe, blog Olympe et le plafond de verre (travail sur les égalités salariale homme/femme) est allée voir la productrice, Marie Agnès Azuelos voulait faire un outil pédagogique pour explique ce qu’est le genre, la différence entre les sexes et comment naissait les stéréotypes. Donc la prod à pensé à un format webdoc avec des petites pastilles courtes et interactives qui permet à chacun d’aller piocher selon son intérêt. Donc Marie Agnès Azuelos avec qui j’avais déjà travaillé m’à proposé de travailler dessus avec Jean-Paul Guirado, donc 2 reals, une fille trentenaire sans enfants et un mec cinquantenaire avec 4 enfants, çà nous garantissait aussi de ne pas se faire accusé de prosélytisme ou je ne sais quoi. La Cité des Sciences soutenait le projet et s’est portée comme diffuseur, ce qui fait qu’on a un ton plutot scientifique avec un expert par épisode.

Les ABCD de l’égalité qu’est-ce que c’est ?

C’est très technique c’est des outils pour l’éducation nationale. Une réforme mise en place par le gouvernement, c’était un système ou on prenait les enfants dès la maternelle et on les éduquait à ce que c’est que le genre, le sexe, en fait çà consistait surtout à informer les professeurs sur comment ne pas catégoriser les filles et les garçons avec un programme tout au long de la vie scolaire avec des lectures, des formations continue pour les profs, pour lutter contre le sexisme et l’homophobie. Juste après le mariage pour tous et toutes ce polémiques ont débarqués la clique des intégristes cathos, et farida belghoul en tête ont commencé à dire c’est un scandale on va apprendre à nos garçons à être des filles et aux filles à être des garçons et on va les éveiller à la sexualité on va leur apprendre la théorie du genre, un peu comme une théorie du complot. Ce qui est un fantasme absolu car cette fameuse théorie du genre n’éxiste pas. C’est un concept qu’on utilise en science sociale, il y a une réflexion autour du genre qui est très vaste et très intéressante. Donc ces gens là ont lancé une politique de décrédibilisation en lançant une campagne SMS à à des parents d’élèves et des associations de parents d’élèves. en leur demandant de retirer les enfants des écoles car on allait soi-disant leur apprendre à se masturber en classe. Ce qui est évidemment complètement délirant. Mais certains parents y ont cru et la polémique à enflé tout çà à cause de 100 connards.

Mais comment est-ce possible que qui que ce soit ait pu croire un truc pareil ?

Je pense que çà vient du fait que les gens n’ont aucune confiance dans l’école ni dans le gouvernement, de plus il y a une espèce de cristallisation sur les questions autour de l’homophobie qui est hystérique. Moi je vois même dans mes milieux quand je parle de ce documentaire parfois je vois bien qu’il y a une crispation, un truc qui ne passe pas, une peur infinie qu’on touche une identité soi disant profonde qui se raccroche notamment à la sexualité. Ce qui ne s’arrange pas avec les questions de religion. Par ailleurs le gouvernement n’à pas eu le courage d’assumer d’être de gauche et de dire ben-non on est de gauche on est pour l’égalité, contre le racisme, le sexisme et l’homophobie c’est comme çà. Du coup çà a donné en quelque sorte raison à ces détracteurs. Par ailleurs au moment du retrait des ABCD beaucoup d’experts de sociologues, de profs etc … ont été mis au placard par l’éducation nationale mais surtout ils ont été martyrisés par des collègues, des parents d’élèves, menacés. Il y avait des gens qui avaient peur de nous parler. On a eu beaucoup de mal on devait vraiment montrer patte blanche, leur expliquer. Il y a une femme qui à même du déménager parce qu’elle était persécutée on l’à traitée de pédpophile.

Pourquoi la question du genre est-elle tabou ?

Ce sont les anti mariage pour tous qui ont inventé le terme “théorie du genre” alors qu’il n’y a pas de théorie. Il y a un concept qui existe dans la langue française qu’on appelle le “genre”, et qui a pour définition : ce qui relève du féminin et du masculin. Un concept qui est étudié en sciences social, aux états unis on appelle ces études les Gender studies mais ce n’est en aucun cas une “théorie”. Lier le terme genre et le terme théorie c’est ce qu’on fait ces gens là pour “dénoncer” qu’avec les ABCD de l’égalité on allait apprendre aux enfants à “changer de sexe” voire “ à se masturber en cours”.

Est-ce que l’avènement des blogs féministes et toute la mouvance que çà implique n’est pas contre productif dans le sens ou çà donne l’impression d’exclure les hommes même si dans le fond ils n’en sont pas exclus à proprement parler ?

C’est très compliqué, la question c’est : est-ce qu’il faut prendre les armes du système et rentrer dedans pour le changer ou faire des choses différentes comme les blogs féministes etc… à défaut d’exclure certains. Je pense qu’il faut faire les deux, pour multiplier les ouvertures. Pour notre Webdoc, par exemple, on à eu beaucoup de presse mais à part Radio Nova aucune presse généraliste, que des féminins, des articles écrits par des femmes à destination des femmes. C’est quand même dingue ! Du coup tu te dis que si ce ne sont pas les blogs féministes comme les Glorieuses ou Cheek qui vont parler de nous qui va en parler ?

Pour quelles raisons dis-tu à un moment dans le webdoc que les femmes sont bloquées dans leur évolution professionnelles comme si elles avaient 10 ans de retard ?

Au niveau professionnel globalement. Je ne m’en rendais pas compte quand j’avais 20/25 ans, quand tu commences à bosser, tout le monde est à peu près au même niveau, mais quand tu commence à être dans la vraie vie active tu vois les mecs qui ont commencés au même niveau que toi ou même plus tard qui grimpent beaucoup plus vite, ils font plus de choses. J’ai eu des mecs en tant qu’assistants qui aujourd’hui font des films que je ne fais pas et je sais que c’est parce que je suis une nana. Cet état de fait se constate dans tous les milieux. Quand je présente des projets un peu ambitieux on me dit toujours “tu es trop jeune”. Est-ce qu’on dit à un mec de 33 ans qu’il est trop jeune ? Dans le boulot en tant que femme on est trop jeune trop longtemps et après t’as à peu près 5 ans pour évoluer vraiment, ensuite t’es vieille. Je discutais avec Brigitte Gresy (Secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes) et je lui ai dit que j’avais le sentiment d’avoir 10 ans de retard, elle m’à répondu c’est exactement çà. Les femmes débarquent en permanence et çà tu ne le constate qu’entre 30 et 35 ans pas avant.

J’ai eu le sentiment en regardant le documentaire que les parents, même quand ils ont l’air d’éduquer leurs enfants de façon sensée, faisaient des réponses un peu clichées voire convenues comme si ils répondaient ce qu’ils croient qu’on attend d’eux.

On à voulu montrer les contradictions des gens. Puis à un moment t’as beau faire tout ce que tu peux pour élever tes enfants différemment, le société te rattrape, les petites filles veulent être des princesses. La socialisation par l’école c’est terrible. Au final on se rend compte que tout le monde à des clichés dans la tête c’est ce qui est intéressant. Même moi, mon regard sur les filles et les garçons a changer. Maintenant je fais très attention à ce que je dis. Comment je parle aux gens. Par exemple je fais du tennis et le prof met des points d’avance aux filles, mais non ! ce n’est pas comme çà qu’on fait progresser les gens. Avant de faire le film j’aurais trouvé çà marrant, je n’aurais pas vu ou est le mal ni ce que çà veut dire en sous texte.

Un peu comme les filles qui sont flattées de se faire siffler ou accoster lourdement dans la rue ?

Oui c’est çà. Même quand tu observes la façon dont on s’adresse aux enfants. On dit aux filles “ma belle”, moi je dis toujours aux petites filles qu’elles sont fortes, super intelligentes et qu’elles ont des supers pouvoirs. L’idée c’est d’arrêter de leur répéter qu’elles sont belles en les plaçant dans un rôle d’objet. Même les expressions du langage du courant sont un indicateur, les insultes sont d’une homophobie et d’une misogynie de dingue, c’est une violence verbale de tous les jours. A présent je ne laisse plus rien passer au risque de passer pour une chieuse, j’assume.

Comment expliques tu qu’il y ai si peu de garçons qui se positionnent quant à ces questions de genre et de sexualité comme s’ils n’étaient pas concernés, à part des psy qui vendent des livres ? Ce qui pour moi à aussi un echo dans l’idée d’attente de la part des filles.

Ce qui régit tous nos rapport et nos relations aux autres, que ce soit dans le cadre du couple, de l’amitié, du boulot etc… On à été habituée à attendre et à ce que le monde tourne autour des hommes et nous les femmes on tourne en périphérie. L’homme réfléchi, il pense il écrit des livres, il nous délivre sa science, et nous on fait des blogs et des gentils webdocs. La société confère moins de crédit et de pouvoir aux femmes qui pensent. On à essayé d’être super paritaire dans le doc, il y a autant d’experts femmes qu’hommes. Dans le documentaire on voit un homme sage femme qui explique qu’au départ les gens sont un peu surpris mais que très vite ils se détendent et tout se passe bien.

Y a t il beaucoup d’hommes sage femme ? 

Non, en formation ils sont environ 5 % mais très vite ils abandonnent au moment de passer dans la vie active et le pourcentage tombe à 1 ou 2%. Il faut quand même être super fort, sur de soi et n’en avoir rien à faire du regard des autres pour arriver à se sentir à sa place dans un rôle que l’on attribue traditionnellement au féminin. Le terme de mascarade du féminin/ mascarade du masculin expliqué par Serge Hefez montre très bien ce principe. Une femme, c’est maternelle de façon innée, çà s’occupe des enfants. C’est honteux, on juge et on condamne alors que quand un père dit “au début c’était difficile avec mon enfant” c’est normal, çà ne pose pas de problème on comprend. Une femme ne doit pas être forte, ni virile, ni musclée, ni sur le terrain des hommes, mais jolie, polie et rangée dans un coin. C’est une mascarade car il y a des hommes qui n’ont pas envie d’être enfermés dans ces stéréotypes et des femmes qui n’ont pas envie d’avoir des enfants et çà ne remet pas en cause leur sexualité. Ta sexualité n’à rien à voir avec ton genre et ton assignation, çà peut-être lié évidement mais ce n’est pas automatique.

Qu’est-ce que çà peut vouloir dire dans ce cas valoriser le féminin ?
Est-ce que ce n’est pas se mordre la queue ?

Le problème aujourd’hui c’est plutôt l’inverse. Tout ce qui se rapporte au féminin est dévalorisé. Dans toutes les sociétés. Ce qui est marrant c’est que dans celles ou l’attente, l’inaction sont valorisées, comme en Orient, çà devient la sagesse et c’est valorisé car alors on l’associe au masculin. Donc on ne s’en sort jamais car ce ne sont pas les attributs qu’on doit valoriser mais le féminin en général, de façon globale. Arrêter la Gayphobie, c’est plus que l’homophobie. Par exemple l’informatique quand çà concernait la sténo, les secrétaires c’était 70% de femmes dans les années 70. C’est devenu l’apanage des garçons et depuis c’est valorisé, prestigieux, çà concerne des filières qui rapportent de l’argent, c’est là tout le problème. C’est hyper bizarre, la seule solution semble être l’éducation. Ce sont des choses profondément ancrées en nous, dans l’inconscient collectif. A chaque fois que tu tentes d’en sortir, on te replace là-dedans . L’ennemi est intérieur. Je relisais des contes pour enfants il y a quelques temps et c’est atterrant, Blanche Neige elle nettoie toute la maison des 7 nains. Que des clichés, pour une Fifi Brindacier t’as 2000 casse cou.

Ce qui est le plus inquiétant c’est que toutes ces constatations questionnent quant à la capacité des gens à se rendre compte de ce qui est dans leur intérêt, en dehors des femmes qui se rendent compte qu’elles gagnent moins que le mec à côté. Penses-tu que cette prise de conscience ait une chance de voir le jour ?

Pas du tout, du moins pour le moment. Sylvie Ayral interviewée dans le chapitre sur l’adolescence à écrit “La fabrique des garçons”, elle dit justement qu’on à toujours voulu éduquer les filles, cependant si on n’éduque pas les garçons tous ces efforts sont vains. On y arrivera jamais. Il y a des choses dites de la masculinité qui sont abhérentes, comme l’échec scolaire, le fait qu’ils soient plus punis que les filles etc…, de surcroit beaucoup d’hommes sont très malheureux dans ce rôle. En plus ces codes idiots ne correspondent même pas à la majorité mais à une minorité et c’est encore une fois hyper bizarre à observer. C’est dès le plus jeune âge qu’il faut apprendre qu’on est pas obligé d’être un petit macho ni une petite princesse. Tu peux être tout ce que tu veux. Il faudrait pouvoir laisser les gens être libres y compris du point de vue de leur sexualité. Qu’on foute la paix aux gens, qui çà regarde qui couche avec qui ? Le mariage pour tous c’était complètement dingue, çà n’enlève aucune liberté à quiconque de savoir qu’il y a des couples de même sexe.

D’après toi à quoi est due l’emergence de cette violence, car si on dit que çà à libéré la parole facho çà veut dire qu’au par avant elle était juste muselée mais quand même présente. Du coup est-ce qu’on en parlait juste moins ?

La société se rigidifie, c’est différent, ce n’est pas un retour en arrière, car il y a des combats qui ont été gagnés, on est beaucoup plus libres que nos mères et nos grand mères. Merci le féminisme ! En parlant des féministes, c’est par ailleurs exaspérant cet amalgame avec l’hystérie, on dirait qu’elles brandissent des balais, ce sont juste des gens qui ont gagnés des combats pour un monde plus juste, les suffragettes par exemple. Le problème à mon sens est de l’ordre de la crispation sur le langage, la violence dans un conservatisme qui est je crois plus de l’ordre de la parole que de l’acte. çà se ressent sur les questions de genre, de sexisme mais aussi d’immigration.

Par ailleurs on ne se rend pas compte que c’est un problème fondateur de notre société. On se dit c’est pas important c’est des problèmes de moeurs, l’avortement, le mariage, ce n’est pas l’économie, çà ne va pas régler le problème du chômage, comme si c’était périphérique. Un problème de nana encore une fois, on en revient là.

Si je te dis “On ne nait pas femme on le devient” …. ?

Carrément ! C’est çà puissance 10 000. On est un être de sexe féminin. Une femme qu’est-ce que çà veut dire ? Quel cliché on vous colle ? çà dépend des pays par exemple. On ne devient pas la même femme en Chine, aux Etats Unis ou en Afghanistan. Mais c’est pareil pour les hommes, voire pire ! “Soit un homme stp mon fils !” , pleures pas, caches tes sentiments, c’est d’une bêtise profonde.

En effet les garçons semblent répondre à une injonction qui les rend presque un peu autiste non ?

Nous sommes d’accord. Dans l’histoire de couple aussi c’est très intéressant. Même si les histoires et les couples sont différents, il y a quand même un point commun. Toutes les femmes tournent autour de leur mec. L’homme est au centre quoiqu’il arrive, que ce soit son emploi du temps, pour le boulot, la femme attend quelque chose. Même dans les histoires de célibat, de drague ou sur les applis de rencontre. Alors que les femmes sont sensées avoir le pouvoir car elles sont plus désirées, dès qu’elles sont accrochées ce n’est même pas que le rapport de force s’inverse, il n’éxiste même plus, elles deviennent périphériques et tournent autour. On à tellement appris que le désir de l’homme est important, à le satisfaire au lieu d’être satisfaite. Il faut le combler et le convaincre. Nous les femmes nous seront satisfaites de toute façon, comblées entre guillemets par sa présence. Même quand on nous apprends la sexualité, nous sommes une espèce de vide à combler. Il est de notre devoir d’être celle qui fait tourner sa vie autour de son homme. çà rend dingue ! Bien entendu je parle en général, il y a des mecs qui n’aiment pas qu’on leur tourne autour. Le truc c’est aussi qu’on apprends aux filles à prendre l’initiative plus qu’aux garçons. Il faudrait buter le mythe du Prince charmant ce serait d’utilité publique tant pour les hommes que pour les femmes. Par exemple dans les cours de récréé, les garçons occupent l’espace et les filles sont en périphérie. C’est très bien expliqué dans le bonus de l’épisode 7 par Yves ribaud, un géographe du genre, qui montre comment toute la ville est conçue par des hommes pour les hommes. Après on s’étonne de l’insécurité des femmes. les femmes doivent se cacher, faire attention en permanence, s’excuser d’être là pour ne pas se faire emmerder, on apprend à avoir peur. C’est moins le cas maintenant car je suis un peu plus vieille mais quand j’étais plus jeune j’étais emmerdée en permanence. Paris ou Marseille sont sans doute des villes un peu particulières sur le sujet, je ne sais pas comment çà se passe dans de plus petites villes. Mais ce qui est évident c’est que l’homme comme il occupe et contrôle l’espace se croit tout permis sur le corps des femmes.

Quand on a commencé à parler de harcèlement de rue je trouve que çà a fait vachement de bien. Quand j’ai commencé à m’y intéresser à lire les témoignages etc… je me suis dit putain on a subi çà toute notre vie ! C’est désagréable, humiliant, et dans tous les pays çà ne se passe pas comme çà, si on prend les pays du nord en exemple comme l’Angleterre, la suède etc…Ici on réfléchi sans arrêt à comment s’habiller selon qu’on va être raccompagnée, rentrer seule ou en taxi. Enplus tu te fais autant emmerder en jupe qu’en pantalon.

Que s’est-il passé avec cet établissement qui à refusé que vous tourniez une partie du doc alors que les acteurs pédagogiques le souhaitaient ?

La dimension manquante du doc est celle des quartiers sensibles. Normalement le chap. 5 sur l’adolescence devait-être tourné à Sevran mais le rectorat à refusé. On ne nous à pas donné de raison et puis en creusant un peu on nous a dit “sujet trop sensible pour quartier trop sensible” en gros çà ne donne pas une bonne image de l’école d’aller filmer là, c’est un peu le lycée poubelle, la honte de la république. On peut aller filmer des enfants de banlieue qu’on élève en leur faisant lire la princesse de Clève mais les faire débattre de la sexualité et du genre c’est risqué selon le rectorat.

Pour conclure, c’est un long combat à mener. Il y a des profs géniaux plein de gens qui se bougent mais tant qu’on ne comprend pas que c’est une question centrale et qu’on la laisse en périphérie c’est pas gagné.

http://www.ecoledugenre.com/#Séquence_5

Pour finir aurais-tu quelques conseils de bouquin ?

  • – King kong théorie – Virginie Despentes
    C’est l’image de la femme, ce que çà représente par rapport au regard de l’homme. çà raconte un viol, mais en
    même temps çà parle du corps et du sexe. çà théorie en gros et simplifié c’est que les hommes veulent posséder
    les femmes uniquement pour se posséder entre eux, c’est très finement amené et c’est un livre intelligent.
  • – On ne nait pas femme on le devient – Simone de Beauvoir
  • – La fabrique des garçons – Sylvie Ayral
  • – Duras, Sand, ColetteUn film ?
  • Yentele avec Barbara streisand qui est quand même la 1ère Queen d’Hollywood

Retrouvez la playlist de Léa Domenach ici :

Propos recueilli par Erostick.